Longue distance et fourmillement dans les mains

Durant le débat de la soirée « causerie bikepacking », nous avons abordé les « soucis » de pression sur les mains et engourdissement. (débat ayant eu lieu en mai dernier à la Dynamo café – Lorient – présentation du film 2018 de la French Divide et débat sur le bikepacking)

Aurélie Rameau ,kinésithérapeute, etait présente. Voici quelques précisions très interessantes sur le problème. Merci à elle 😀 :

« J’ai eu le plaisir de participer à votre soirée à Cantine et Dynamo hier soir.

Je tenais à revenir sur les douleurs au niveau des mains qui ont été évoquées hier soir lors du débat. Je suis kinésithérapeute et j’avais envie d’apporter un peu d’explications possibles quant à ces douleurs qui ennuient les cyclistes.

Le principe de base est que le muscle se contracte, se raccourcit dans la position la plus utilisée.

Si on regarde le positionnement du VTTiste sur son vélo (cf photo) et même s’il peaufine ses réglages, ses doigts sont en flexion, ses poignets en extension (variable suivant la position du vélo), ses coudes sont en flexion.

Mais c’est surtout au niveau des épaules que les problèmes se créent. La position des bras sur le guidon est une attitude en fermeture d’épaules, qui s’accompagne même parfois d’épaules qui remontent vers les oreilles et une extension des cervicales pour avoir un regard quasi horizontal.

Or les passages nerveux et vasculaires proviennent du rachis cervical, passent à travers l’épaule, descendent le long du bras jusqu’aux doigts.

Les douleurs qui ont été citées hier soir, perte de motricité, fourmillements, viennent principalement d’une compression d’un nerf sur son trajet.

Quand vous passez, comme il a été expliqué, 12h et plus sur votre vélo, les muscles se contractent dans la position la plus utilisée. Or les nerfs et artères passent entre les muscles. Si ces derniers sont contractés, ils viennent « écraser » le passage du nerf… ce qui donne des fourmis voir des pertes de motricité comme l’expliquait « Marcel » je crois ?

Pour résumer, le nerf est comprimé sur son trajet entre les cervicales et le bout des doigts. Si la douleur ou les fourmis sont au niveau des doigts (ce que l’on peut imager comme une ampoule allumée) le problème ne se trouve pas forcement là, l’interrupteur de cette douleur est dans la majorité des cas au niveau de l’épaule ou du rachis cervical.

Bon c’est bien beau tout ça, mais du coup, on fait quoi ??

Et bien en premier lieu, il faut faire relâcher ces muscles contractés pour retrouver un passage nerveux et vasculaire libre. Et là, il faut l’aide d’un thérapeute.

Et ensuite, le mieux pour maintenir les résultats obtenus, est d’inscrire dans sa routine des postures d’étirement opposées à la forme du corps sur le vélo. C’est-à-dire, en ouverture d’épaule, des bras et des doigts, avec un cou allongé. Et ça, régulièrement après les séances vélo.

Plus un muscle est raide, plus il est faible. L’allongement élastique du muscle lui permet de gagner en force développée. On peut donc améliorer sa puissance sans augmenter son entrainement mais en ayant des muscles plus efficients ! et moins de douleurs !

Voilà pour un petit partage, j’espère avoir été assez clair, et que ça vous sera utile !

Aurélie Rameau, kinésithérapeute à Ploemeur (56) »